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"Changement de paradigme dans le dépistage du VIH : intérêt d’un dépistage systématique de la population générale dans les urgences hospitalières françaises. Exemple d’une intervention dans 29 services" par Kayigan D'almeida

Discipline: épidémiologie, Laboratoire: CESP-UMRS 1018-Centre de recherche en Épidémiologie et Santé des Populations

Résumé
Le retard au diagnostic constitue aujourd’hui un frein majeur au contrôle de l’épidémie à VIH/SIDA. Afin d’améliorer la précocité du diagnostic, le dépistage non ciblé du VIH est recommandé dans les lieux de soins par les autorités sanitaires de plusieurs pays, y compris la France depuis 2009. Les objectifs de cette thèse sont de discuter l’acceptabilité, la faisabilité et l’intérêt d’un dépistage non ciblé du VIH dans les services d’urgences hospitalières en France et d’analyser les facteurs associés au diagnostic tardif. L’analyse des données de l’étude Urgences ANRS 95008/Sidaction a révélé un impact modeste du dépistage non ciblé du VIH aux urgences en termes de santé publique. Cette stratégie de dépistage est largement acceptée par les consultants des urgences mais sa faisabilité est fluctuante et influencée par de nombreuses barrières contextuelles. L’analyse des facteurs associés au diagnostic tardif effectuée à partir des données de l’enquête ANRS-VESPA2 a montré qu’outre les groupes traditionnellement dits à risque, les hommes hétérosexuels non africains et les personnes diagnostiquées après 40 ans sont particulièrement concernées. Les recommandations en faveur d’un dépistage non ciblé du VIH doivent être réajustées pour atteindre à la fois les populations à risque élevé d’infection par le VIH et celles à faible risque d’infection par le VIH mais à haut risque de diagnostic tardif. Ce travail souligne les limites et les difficultés de mise en œuvre d’un dépistage non ciblé du VIH dans les services d’urgences tout en apportant un éclairage sur les modalités d’implication de ces lieux de soins dans le dispositif de dépistage du VIH en France.

Abstract
In the era of highly effective antiretroviral therapies, late presentation for HIV infection is one of the main barriers for controlling the epidemic. To encourage early testing, national health authorities in developed countries have recommended HIV screening for all patients in health-care settings. Such guidelines were issued in France in 2009. The aims of this thesis were to examine the acceptability, feasibility and public health impact of universal HIV screening in French emergency departments and to assess the correlates of late presentation for HIV infection in France, in order to question the relevancy of universal screening guidelines. Analysis of data from the ANRS 95008/Sidaction study showed a modest public health impact of emergency department-based universal HIV screening. Patients’ acceptance of HIV screening in emergency departments (EDs) was high while the feasibility varied across EDs and was associated with diverse contextual barriers. Data from the ANRS-VESPA2 study was used to assess the correlates of late presentation for HIV infection. We found that late presentation was high not only among traditional high risk groups but also among non-African heterosexual men and those diagnosed over 40. Our results suggest that in France, the recommendations for non-targeted HIV testing should be reformulated to reach both populations at high risk of HIV infection and those at low risk of HIV infection with high risk of late diagnosis. Moreover, we underline the limits of ED-based HIV universal screening and the barriers to its implementation while bringing insights into the potential role of such healthcare settings in the French HIV screening strategy.

Informations complémentaires
Monsieur Eric Florence, Professeur des Universités-Praticien Hospitalier, Université d'Anvers, Belgique – Rapporteur
Monsieur Yazdan Yazdanpanah, Professeur des Universités-Praticien Hospitalier, université Paris Diderot – Rapporteur
Madame France Lert, Directrice de Recherche, UMRS 1018 - Centre de recherche en Epidémiologie et Sante des Populations – Directrice de thèse
Madame Nathalie Lydié, Docteur, Institut national de prévention et d'éducation pour la santé, Saint-Denis – Examinateur
Monsieur Philippe Morlat, Professeur des Universités-Praticien Hospitalier, Université de Bordeaux – Examinateur
Madame Laurence Meyer, Professeur des Universités-Praticien Hospitalier, Université Paris−Sud 11 – Examinateur

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