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Formes et expériences de privation de travail au Brésil : la Construction sociale du chômage dans la perspective d’une sociologie des rapports sociaux

le 27 novembre 2008

Le jeudi 27 novembre 2008 à 14H00

au Centre National de la Recherche Scientifique Laboratoire Genre, Travail, Mobilités Salle de Conférences 59-61 rue Pouchet 75017 Paris

Par Monsieur Francisco Edouardo VARGAS Discipline : Sociologie

Cette thèse a pour objectif principal d'analyser le processus historique récent d'émergence du chômage au Brésil.

L'objet de recherche est articulé à partir de deux types distincts d'approche théorique: une sociologie des rapports sociaux et une sociologie des modes de catégorisation. Dans l'approche méthodologique proposée, le chômage est présenté en deux dimensions principales: en termes d'une dynamique historique et en termes de dynamiques biographiques. En ce qui concerne la dynamique historique, on a observé que la pluralité de formes et de relations de travail, entraînant une pluralité de formes de privation de travail, rend difficile l'émergence du chômage en tant que catégorie officielle. Ce processus de catégorisation est tendu et ambigu. Il est marqué aussi bien par des modes officiels et dominants de catégorisation - basés sur les normes de l'emploi et du chômage - que par des modes de catégorisation périphériques - basés sur les formes et relations de travail instables et précaires, rémunérés ou pas, domestiques ou pas. Ces ambigüités sont présentes aussi bien dans les politiques publiques que dans les enquêtes statistiques et expriment les tensions des rapports sociaux de classe, de genre, de génération, d'ethnie/couleur, parmi d'autres. En ce qui concerne les dynamiques biographiques, on a observé que les groupes sociaux les plus vulnérables en termes de classe, de sexe et de génération présentent des expériences de privation de travail moins visibles tant objectivement que subjectivement. Au contraire, les groupes les plus favorisés non seulement présentent des expériences plus visibles de privation de travail, comme les catégorisent de façon plus proche de la norme officielle du chômage.

 

Abstract :

The present thesis aims at analyzing the recent process of unemployment growth in Brazil. The main argument is based upon two theoretical inspirations: the sociology of social relations and the sociology of social classifications. From the methodological point of view unemployment is analyzed taking into account two different dimensions: its  historical formation and its impact on individual biographies.

The historical approach illustrates how difficult it has been to create an institutional definition for unemployment in the Brazilian demographic classifications, since the variety of employment relations is closely associated with different forms of job deprivation. This categorizing process is tense and ambiguous, related to both official and hegemonic ways of categorization (based on the pattern of stable employment and on its corresponding unemployment pattern), as through ways of peripherical forms of categorization (based on unstable and precarious employment relations, payed or not, inside or outside domestic service). These ambiguousness are observed in both public policies and official data, and expresses the differences in class, gender, generation, color/ethnicity, which singularize the social relations in general and the employment relations in the Brazilian case.

As to the biographic approach, it has been observed that the most vulnerable social groups in terms of class, gender and generation have less visible job deprivation experiences, objective and subjectively. On the other hand, the more favorized groups not only seemed to be more sensible to their own experiences of job deprivation, but also tended to categorize these experiences more closely to the official unemployment pattern.

Informations complémentaires

Antonio David CATTANI, Professeur titulaire, Habilité à Diriger des recherches à l'Université Fédérale du Rio Grande do Sul - Rapporteur Robert CABANES, Directeur de recherche émérite, Habilité à Diriger des recherches à l'Institut de Recherche pour le Développement, Paris - Rapporteur Helena HIRATA, Directrice de Recherche au Centre National de la Recherche Scientifique, Laboratoire GTM Paris - Directrice de thèse Didier DEMAZIERES, Directeur de Recherche au Centre National de la Recherche Scientifique, Laboratoire PRINTEMPS, Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines - Examinateur