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i -Share : Une étude XXL sur la santé des jeunes

Lancée par l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines et l’université de Bordeaux en 2013, l’étude i-Share prévoit de suivre durant dix ans l’état de santé de 30000 étudiants. Répondant à un véritable enjeu de santé publique,cette cohorte XXL fournira de précieuses informations sur les problèmes de santé des jeunes et permettra de tester des stratégies de prévention et de prise en charge. Élisabeth Delarocque-Astagneau dirigera deux programmes de recherche dans le cadre d’i-Share.

delarocque vert & bleu n°5
Extrait du dossier "Santé publique, anticiper pour mieux soigner" du magazine vert & bleu n°5 (Octobre 2015)

I-Share est une étude scientifique inédite menée sur la santé des jeunes, pouvez-vous la présenter ?

Élisabeth Delarocque-Astagneau : i-Share constitue la première cohorte d’étudiants jamais créée en France et en Europe. C’est donc une expérience scientifique inédite. Au total, 30000 étudiants vont être recrutés et suivis sur une période de dix ans. Cela va permettre aux scientifiques de mieux connaître leur état de santé, de développer des travaux de recherche et de tester des mesures préventives. Chaque étudiant est invité à remplir un e-questionnaire annuel portant, notamment, sur ses conditions de vie, son état de santé, ses consultations médicales, sa sexualité et son bien-être. Il pourra également être sollicité pour participer aux sous-études menées dans les différents axes de recherche d’i-Share.

Pourquoi est-il important d’étudier cette tranche d’âge ?

É. D.-A. : La tranche d’âge des étudiants est une période charnière de la vie pour le développement de facteurs de risque de maladies chroniques comme le diabète ou l’hypertension. C’est aussi une période pendant laquelle des conduites personnelles, l’environnement social, peuvent conduire à des dommages immédiats (addictions, stress, santé mentale, infections sexuellement transmissibles), mais avoir aussi un impact plus tardif. Ainsi, une consommation régulière d’alcool dès le plus jeune âge, en particulier la pratique du binge drinking, peut être à l’origine d’un alcoolisme chronique à l’âge adulte. Enfin, certaines maladies, comme la migraine, se manifestent à ce moment avec des conséquences sur le bien-être.

Quels sont les objectifs précis de l’étude i-Share ?

É. D.-A. : Le premier objectif est de comprendre les mécanismes physiopathologiques ou psychopathologiques des maladies qui touchent cette population et d’évaluer l’impact de facteurs d’exposition sur le risque d’apparition de maladies chroniques sévères. Les données recueillies nous permettront également d’en savoir plus sur le recours aux soins des étudiants. Sont-ils à jour dans leurs vaccinations ? Ont-ils un suivi régulier en médecine dentaire, en gynécologie ? Le second objectif est de tester des outils de prévention par la mise en place d’essais d’intervention. De tels essais seront menés dans le domaine des conduites addictives et des migraines, et au niveau des maladies sexuellement transmissibles, au sein de notre laboratoire à l’UVSQ.

Vous dirigez deux programmes de recherche portant sur les infections sexuellement transmissibles (IST) chez les jeunes adultes, l’un portant sur le Human Papilloma Virus (HPV), l’autre sur les infections à chlamydiae. Ce dernier projet de recherche prend la forme d’un essai d’intervention, quel est l’enjeu ?

É. D.-A. : Les infections à chlamydiae trachomatis sont les IST les plus fréquentes, en particulier chez les jeunes femmes. Elles sont la plupart du temps asymptomatiques. La gravité possible de cette infection réside dans le fait qu’elle peut évoluer vers une infection « génitale haute » comme la salpingite et être à l’origine d’infertilité chez la femme. Le dépistage, qui consiste en un prélèvement local, permet de détecter la bactérie et de la traiter. Aujourd’hui, ces infections font l’objet de dépistages dans les centres de dépistage anonyme et gratuit (CDAG), les centres d’information, de dépistage et de diagnostic des IST (Ciddist) ou les centres de planning familial. Le dépistage peut êtreaussi proposé par le médecin traitant. Toutefois, aucun dépistage systématique (par exemple, une fois par an) chez les jeunes femmes n’est encore en place. Nous devons au préalable évaluer son efficacité sur la prévention des complications de l’infection. L’étude que nous allons mener auprès d’étudiantes volontairesde la cohorte i-Share vise à répondre à cette question. Elle nous permettra également d’améliorer les connaissances sur cette infection, préalable indispensable à l’élaboration des recommandations.

Cette étude saura-t-elle être menée en collaboration étroite avec des équipes recherche et hospitalières multidisciplinaires ?

É. D.-A. : En effet. Nous travaillons depuis le début avec Cécile Bébéar et Bertille de Barbeyrac, responsables du Centre national de référence des chlamydiae de l’université de Bordeaux, dont l’expertise sur cette bactérie est indispensable au projet. Nous collaborons étroitement avec Arnaud Fauconnier, qui est responsable du service gynécologie obstétrique du centre hospitalier de Poissy Saint-Germain-en-Laye, et directeur à l’UVSQ du laboratoire Risques cliniques et sécurité en santé des femmes et en santé périnatale (Riscq) ; et avec Maxime Bréban, chef du service rhumatologie de l’hôpital Amboise-Paré de Boulogne-Billancourt et codirecteur de l’équipe de recherche Maladies inflammatoires et système immunitaire à l’UVSQ. Nous nous appuyons également sur le Service universitaire de médecine préventive et de promotion de la santé (SUMPPS), dirigé par le docteur Emmanuelle Mathiot-Vicaigne de l’UVSQ. Enfin, nous sommes en relation avec des équipes internationales, notamment celle des Pays-Bas, un voisin européen où le dépistage systématique de l’infection a fait l’objet d’un programme pilote.

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Dernière mise à jour de cette page : 29 mars 2016


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