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Il étudie la pollution radioactive à Fukushima

le 1 octobre 2016

Olivier Évrard | PLANÈTE - CLIMAT

En mars 2011, l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima a libéré dans l’atmosphère nippone des polluants radioactifs, que l’on appelle des radioisotopes. Chargé de recherche au CEA et membre du Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE) de l’UVSQ, Olivier Évrard étudie, depuis la catastrophe, l’évolution de la dispersion de ces polluants et le rôle de l’érosion dans le phénomène. « Il s’agit essentiellement de césium 134 et de césium 137 qui ont la particularité de se fixer très fortement aux particules des sols et aux sédiments. Or, sous l’effet de l’érosion, ces particules peuvent être transférées dans les rivières, puis exportées peu à peu vers l’océan Pacifique, entraînant avec elles les polluants », explique le chercheur.

« Le processus d’érosion des sols correspond au décapage des particules de surface du sol, précise-t-il, pour qu’il y ait érosion, il faut un agent météorique, comme l’eau mais aussi le vent. » Dans le cadre du projet de recherche franco-nippon “Tofu”*, des sédiments de rivières ont été prélevés tous les six mois depuis l’accident. Les résultats des campagnes de mesures successives confirment le rôle des typhons dans la redistribution de la contamination radioactive. « Ils accélèrent l’érosion des sols et conduisent à l’évacuation des particules érodées dans les cours d’eau, souligne Olivier Evrard. Suite aux violents typhons qui ont touché, à l’été 2011, les chaînes de montagne intérieures et provoqué une forte érosion, nous avons constaté en vingt mois, une baisse des niveaux de radioactivité en altitude et une redistribution progressive de la contamination vers les zones en aval. »

Le chercheur a également enregistré une diminution générale des niveaux de contamination en 2012 et en 2013. « Cela s’explique par des typhons moins violents et par l’interdiction, décrétée par le Japon, de cultiver les terres dans les zones les plus impactées. En limitant les cultures, on favorise le développement d’une végétation dense qui protège les sols de l’érosion », poursuit Olivier Evrard. Ses travaux ont valu au jeune chercheur la médaille de bronze du CNRS en 2016.

* Financé dans le cadre du programme “Flash” de l’ANR (France) et de la JST (Japon).