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L'homme de Cro-Magnon a un visage

À l’occasion des 150 ans de sa découverte, des chercheurs de l’UVSQ diagnostiquent la maladie et reconstituent le visage de l’Homme de Cro-Magnon 1.

le 30 mars 2018

Publié le 30 mars 2018


Découvert il y a exactement 150 ans dans la grotte des Eyzies (Dordogne), le squelette de l’Homme de Cro-Magnon 1 est historiquement le premier « représentant » de l’Homme moderne (Homo sapiens), daté d’environ 27 680 ans avant le présent (+/- 270 ans). Les chercheurs de l’UVSQ, sous la direction du Dr Philippe Charlier, ont pratiqué un examen anthropologique et médical direct, réalisé un micro-CT-scanner avec la collaboration d'Antoine Balzeau, anthropologue au Musée de l'Homme au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris, où le crâne Cro-Magnon 1 est conservé. Ils ont comparé les données avec celles issues de collections anatomiques et pathologiques de référence. Ces travaux sont publiés le 29 mars 2018 dans la prestigieuse revue médicale Lancet (cf. copie de l’article ci-joint).

Le diagnostic

À l’issue de leurs recherches, les chercheurs ont proposé le diagnostic de Maladie de Recklinghausen (ou neurofibromatose de type 1). Il s’agit d’une maladie génétique à l’origine du développement de tumeurs bénignes multiples superficielles et profondes (neurofibromes). En effet, il existe plusieurs zones d’érosion osseuse au niveau du front (une caractéristique physique très reconnaissable sur le crâne), du rocher (conduit auditif interne), de la mandibule, et d’autres os longs issus du reste du squelette.

Basés sur cette proposition de diagnostic rétrospectif, les chercheurs, utilisant les outils de l’anthropologie physique et de la médecine légale, ont réalisé une reconstruction faciale : Philippe Froesch a ainsi utilisé un procédé informatique lié aux techniques médico-légales, en se basant sur les données pathologiques et anatomiques établies par le reste de l’équipe.

L’équipe scientifique

L’équipe d’anthropologie médicale, dirigée par le Dr Philippe Charlier (maître de conférence des universités - praticien hospitalier) est rattachée au laboratoire DANTE (EA4498) de l’UVSQ, et localisée à l’UFR des Sciences de la Santé Simone Veil, Montigny-Le-Bretonneux.

Ce groupe d’une dizaine de scientifiques et de cinq doctorants, s’est récemment illustré par l’étude des reliques dispersées de Saint-Louis, ou par l’identification des restes d’Adolf Hitler à Moscou, ayant fait l’objet de deux documentaires télévisés, respectivement sur France 5 et sur France 2, et dont les publications scientifiques sont en cours.

Informations complémentaires
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