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« La présidence d’université permet de concrétiser ses idées »

le 1 octobre 2016

Sylvie Faucheux, professeure en sciences économiques, directrice du laboratoire C3ED de 1995 à 2002, et présidente de l’UVSQ de 2002 à 2012

Vous êtes arrivée à l’UVSQ en 1993 alors que vous étiez professeur de sciences économiques à l’Université du Maine et directrice adjointe du laboratoire Centre Economie Espace Environnement (C3E) à l’université Paris 1. Pourquoi avoir rejoint une université nouvelle ?

Sylvie Faucheux : Justement parce que c’était une université nouvelle en plein essor, qui offrait des opportunités très intéressantes notamment en termes de pluridisciplinarité. Il y avait de surcroît peu d’économistes et une réelle volonté de déployer la thématique du développement durable, l’un de mes domaines de prédilection. J’ai donc emmené avec moi tout mon laboratoire ! Les débuts étaient assez « spartiates ». Nous n’avions ni prise de téléphone, ni prises d’électricité, on campait un peu. Nous menions des activités de recherche internationales et nous étions dans les cartons !

Le C3E a fusionné avec le laboratoire d’économie de l’UVSQ pour former le Centre d’économie et d’éthique pour l’environnement et le développement (C3ED) qui est devenu rapidement une référence en matière d’économie du développement durable.

S.F. : Nous sommes arrivés à l’UVSQ avec des projets de recherche européens et des contrats de recherche déjà établis, ce qui nous a permis de financer des bourses de doctorat et le recrutement de post-doc. Nous avons rapidement publié dans des revues scientifiques internationales, et en 1999, le laboratoire est devenue une UMR. Avec 120 membres et trois implantations secondaires (Madagascar, Tunisie, Sénégal), le C3ED était alors le plus grand centre de recherche spécialisé en développement durable en France. Parallèlement, nous avons renforcé l’offre de formation en créant plusieurs DEA et DESS (puis Masters) en responsabilité sociale des entreprises, en analyse économique et gestion des risques ou en économie du développement durable. Le nombre des étudiants en économie a alors cru rapidement.

En devenant présidente de l’UVSQ en 2002, vous n’avez pas pour autant abandonné votre thématique de prédilection et initié de nombreux projets autour du développement durable, lesquels en particulier ?

S.F. : La création de l’OVSQ a pu se concrétiser et devenir le premier observatoire pluridisciplinaire, regroupant scientifiques de l’environnement et économistes. J’ai également travaillé au montage de la première chaire industrielle obtenue par une université, la chaire Econoving dédiée aux éco-innovations. Trois autres ont suivi, sur la gestion territoriale du capital naturel, sur les campus durables et sur le changement climatique. Par ailleurs, les territoires d’implantation de l’UVSQ étaient très demandeurs de projets et de formations professionnelles relevant du développement durable (efficacité énergétique des bâtiments, logistique durable, mobilité durable, etc). C’est en réponse à cette demande qu’a été créée, notamment, la filière environnement à l’IUT de Mantes.