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Le méthane responsable d'environ 20% du réchauffement induit par les gaz à effet de serre

L'étude la plus complète à ce jour sur les bilans mondiaux et régionaux des sources et puits de méthane (second gaz à effet serre anthropogénique) a été menée par le LSCE et publiée le 22 septembre dans la revue Nature Geoscience.

le 23 septembre 2013

Publié lundi 23 septembre 2013 
Coordonné par Stefanie Kirschke, ce travail de trois années propose un bilan du méthane atmosphérique et de son évolution au cours des trente dernières années.

Co-auteur de l'étude et professeur à l’UVSQ, Philippe Bousquet, a déclaré que le méthane est responsable d'environ 20% du réchauffement induit par les gaz à effet de serre à longue durée de vie depuis l'époque pré-industrielle. « Le Méthane atmosphérique est resté stable entre le milieu des années 1990 et 2006, probablement à cause d’une baisse (ou d’une stagnation) des émissions associées à l’exploitation des ressources fossiles et à la culture du riz, combinée à une augmentation (ou une stagnation) des émissions microbiennes, comme celles des zones inondées ou des décharges.
Depuis 2006 nous montrons que la hausse des émissions de méthane des zones humides naturelles ainsi que celle des émissions associées à l’exploitation des ressources fossiles sont susceptibles d'expliquer la nouvelle hausse des niveaux de méthane dans le monde. Cependant les proportions de chacune de ces sources restent encore incertaines. »


Marielle Saunois, enseignante-chercheuse au LSCE-UVSQ qui a également participé à cette étude, indique que bien que la plupart des sources et des puits de méthane ont été identifiés, leur contribution individuelle aux niveaux de méthane dans l'atmosphère et à leurs variations reste encore très incertaine. « Notre étude propose un état des connaissances complet sur les bilans décennaux de méthane ainsi que des scénarios plausibles pouvant expliquer la stabilisation observée des concentrations dans l'atmosphère dans le début des années 2000, et la nouvelle hausse après 2006. »

Quant à Philippe Ciais, directeur de recherche au LSCE, il indique qu’« une meilleure quantification du bilan mondial du méthane, avec des mises à jour régulières comme pour le dioxyde de carbone, est un élément essentiel pour suivre au plus près l’évolution de ce gaz dont le bilan est encore assez mal compris ».
Informations complémentaires
L'étude a été menée par le Laboratoire des Sciences du Climat et de l'Environnement (LSCE) en France, unité mixte de recherche CEA-CNRS-UVSQ, dans le cadre des activités du projet Global Carbon (EU-FP7) et sous le couvert du Global Carbon Project, initiateur du travail.

> Lire l'article en ligne sur le site de Nature Geoscience