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Libertinage et éthique aristocratique au XVIIe siècle

Par Madame Constance GRIFFEJOEN Discipline : Langues et Littératures Françaises Laboratoire : ESR

Au dix-septième siècle, nombreux furent les nobles qui, par leurs actes et leurs écrits, exprimèrent toute l’importance qu’ils accordaient à la liberté du corps, du cœur et de l’esprit. En manifestant leur tempérament voluptueux et en célébrant les plaisirs de la chair, ils s’affranchirent des règles d’une morale austère. En affichant certaines distances avec les pratiques et les croyances religieuses, ils affirmèrent leur indépendance et rejetèrent le respect dû à l’Autel. En nourrissant l’opposition politique par la participation aux complots et aux cabales, ainsi que par la pratique du duel, ils revendiquèrent un idéal d’insoumission. Les actions libertines, qu’elles concernent la débauche, l’incrédulité ou la rébellion politique prennent une force plus importante encore lorsqu’elles s’accompagnent d’une plume libertine. Les écrits composés par les représentants du libertinage aristocratique comme Monluc, Saint-Évremond, Bussy-Rabutin, La Fare ou encore Chaulieu, présentent une remarquable unité. Ces nobles partagent en effet des valeurs étroitement liées à leur rang, et composer des œuvres libertines, – par leur matière ou par leur manière –, contribue de façon plus pérenne à la construction de leur ethos aristocratique. Ainsi la revendication de liberté, placée au cœur du libertinage aristocratique, revêt-elle une importance capitale dans l’univers mental des nobles. Le libertinage apparaît comme un aspect essentiel de la culture nobiliaire et constitue l’une des expressions fondamentales de l’identité et de la conscience aristocratiques.



Abstract:

In the seventeenth century, many noblemen voiced the importance they attached to the liberty of mind, soul and body, through their deeds and works. Showing their voluptuous nature and celebrating the pleasures of the flesh, they freed themselves from stern morals. Displaying some distance towards religious beliefs and practices, they asserted their independence and denied the consideration due to the Altar. Fostering political opposition by their involvement in plots and conspiracies, or by fighting duels, they claimed for an ideal of rebelliousness. Libertine deeds, whether they relate to debauchery, disbelief or political rebellion, gain strength when accompanied by a libertine pen. The works written by representatives of aristocratic libertinage such as Montluc, Saint-Évremond, Bussy-Rabutin, La Fare or Chaulieu reveal a remarkable unity. These noblemen share values closely linked to their standing; composing libertine works - whether in matter or in manner – more perenially contributes to building their aristocratic ethos. Set at the heart of aristocratic libertinage, claiming for liberty thus assumes a major importance to the noblemen and their mental universe. Libertinage appears as an aspect essential to nobiliary culture and constitutes one of the most fundamental ways of expressing aristocratic identity and consciousness.
 
Informations complémentaires
Jean-Marie CONSTANT, Professeur Emérite, à l’Université du Maine, Le Mans – Rapporteur
Jean GARAPON, Professeur des Universités, à l’Université de Nantes – Rapporteur
Emmanuel BURY, Professeur des Universités, à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines – Directeur de thèse
Delphine DENIS, Professeur des Universités, à l’Université Paris Sorbonne Paris IV – Examinateur
Alain GENETIOT, Professeur des Universités, à l’Université de Nancy – Examinateur