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L'UVSQ au coeur de la recherche sur le climat

Les scientifiques l’affirment aujourd’hui avec certitude : les activités humaines sont la cause établie du réchauffement climatique. Les politiques et les médias s’emparent du débat et l’état d’urgence est déclaré.
Jean Jouzel, directeur de l’Institut Pierre-Simon Laplace (IPSL) de l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines donne un éclairage sur la question.

 

Jean Jouzel, vous avez récemment représenté la France au sein du Groupe Intergouvernemental d’experts sur l’Evolution du Climat (GIEC). Vos évaluations s’appuient notamment sur les recherches effectuées par l’Institut Pierre Simon Laplace (IPSL). Pouvez-vous situer les domaines d’intervention des laboratoires rattachés à l’UVSQ sur ces thèmes ?
La réunion qui s’est tenue à Paris il y a quelques semaines a conduit à l’approbation du rapport concernant les aspects scientifiques du changement climatique (Groupe 1). Celui du Groupe 2, dédié aux impacts, à l’adaptation et à la vulnérabilité vient d’être approuvé à Bruxelles début avril. Le troisième volet, qui traite des aspects socio-économiques (Groupe 3), le sera à Bangkok, début mai. Je participe à ces différentes réunions au titre de mes activités au sein du GIEC, dont je suis membre du bureau, ou de la délégation française.
Sur le plan scientifique, les activités de recherche conduites à l’IPSL relèvent uniquement des thèmes abordés par le groupe scientifique avec une forte participation sur les aspects liés à la modélisation du climat - le modèle de l’IPSL ainsi que celui de Météo France ont participé aux exercices d’intercomparaison sur lesquels s’appuient les projections du GIEC - à l’étude des climats passés, qui dans ce quatrième rapport ont fait l’objet d’un chapitre à part entière, et enfin au cycle du carbone et aux aérosols.
Le Laboratoires des Sciences du Climat et de l’Environnement (LSCE) -CEA-CNRS-UVSQ - est très actif dans ces différents domaines et ce laboratoire a eu une contribution très notable tant du point de vue des travaux de recherche pris en compte dans les différents chapitres que dans leur rédaction. Ainsi sept chercheurs du LSCE sont “auteur principal” et deux “responsables des recensions”, ce qui correspond à une participation très importante puisque le nombre total d’auteurs dans ces deux catégories est d’environ 150 et de 30, respectivement.

Quelle expertise l’université peut-elle apporter à une politique de santé publique liée au changement climatique ? Comment les savoirs établis par les scientifiques peuvent-ils impacter les décisions politiques et socio-économiques ?
Au rang des impacts sur le changement climatique, se situent ceux sur la santé, qu’ils concernent l’impact des vagues de chaleur, qui faute de mesures d’adaptation appropriées risquent de conduire à une hausse de l’incidence des décès et des maladies graves, en particulier chez les personnes âgées, ou à l’augmentation du nombre des personnes exposées à des maladies à transmission vectorielle, par exemple le paludisme. Sur ces thèmes, des collaborations, impliquant entre autres des chercheurs de l’IPSL et de PIFO, se mettent en place ou sont envisagées dans le cadre du GIS “Climat - Environnement - Société” et du projet de réseau santé- environnement. L’interaction avec les économistes, ceux du C3ED en particulier, est également une composante des activités du GIS.

Quelle est votre participation à l’Année Polaire Internationale 2007-2009, qui vient d’être ouverte officiellement ?
Les recherches en régions polaires m’intéressent en premier lieu au titre de chercheur car je suis avant tout “glaciologue” intéressé par les informations climatiques qui peuvent être extraites des forages profonds réalisés en Antarctique et au Groenland. Cet intérêt m’a conduit à accepter la présidence du Conseil d’Administration de l’Institut Polaire Français Paul-Emile Victor (IPEV) qui joue effectivement un rôle clé dans l’animation et la coordination des activités conduites dans le cadre de l’Année Polaire Internationale qui se déroule en fait sur deux ans, d’avril 2007 à mars 2009. A noter que le CETP, Le LSCE et le SA ont chacun des activités dans ces domaines liés aux recherches en régions polaires.

Quel message d’avenir souhaitez-vous faire passer ?
Les problèmes posés par l’évolution du climat sont par nature pluridisciplinaires et la prise en compte par le GIEC de l’ensemble des aspects posés par le changement climatique est une des raisons de son succès. L’idée que le réchauffement lié aux activités humaines est en marche et qu’il va aller s’amplifiant est largement acquise. Ceci justifie pleinement les recherches entreprises dans les domaines relevant des groupes 2 et 3 mais nous avons encore beaucoup à apprendre sur les aspects scientifiques du changement climatique et il est essentiel que l’effort de recherche reste, là aussi, très soutenu dans les décennies à venir...

Contact :
Jean Jouzel

jean.jouzel@ipsl.uvsq.fr


«Quel climat pour demain? », une exposition de 11 posters conçue par des chercheurs, associés à des médiateurs et des artistes, en partenariat avec l'académie de Versailles, pour les collèges, lycées, médiathèques...

Voir le site : www.fondaterra.org

 
 
 
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