Ce colloque de réflexion
sur l’avenir de la
recherche publique, prévu de longue date par la
Conférence des Présidents d’Université (CPU),
s’est retrouvé au cœur de l’actualité ces
dernières semaines durant lesquelles se sont exprimées
de fortes interrogations et de fortes inquiétudes
au sein de la communauté scientifique.
Le colloque rassemblait plus de 200 personnes, dont de nombreux
Présidents et vice-Présidents d’Universités,
ainsi que des responsables du Ministère et des grands organismes
de recherche. Les débats organisés en séances
plénières et en ateliers ont mis en évidence
les difficultés des systèmes français d’organisation
de la recherche et de l’enseignement supérieur à répondre à sa
mission fondamentale de service public : une formation de qualité adossée à une
recherche de haut niveau, une lisibilité et une attractivité internationales.
Les débats ont permis de réaffirmer certains principes
et formuler un certain nombre de constats et de propositions, dont
les principaux aspects sont présentés ci-dessous:
Le dispositif de recherche doit être radicalement simplifié.
La complexité des structures, la juxtaposition de différents
types d’établissements et organismes publics rend
inapplicable le concept de pilotage scientifique, d’évaluation
cohérente, de financements coordonnés pour des objectifs
généralement communs. La CPU souhaite les réformes
structurelles permettant de simplifier notre dispositif de recherche,
sa gouvernance et sa mise en œuvre dans un contexte européen
plus compétitif.
Les systèmes d’évaluation sont trop hétérogènes.
La CPU souhaite un dispositif unique, transparent et indépendant
d’évaluation des structures et des personnes. Un tel
dispositif est une des conditions de la qualité de la recherche
publique et de la confiance de ses acteurs dans cette évaluation.
L’enseignement supérieur est indissociable de la
recherche. Le métier de chercheur est unique, quel que soit
le statut actuel (enseignant-chercheur ou chercheur) de celui qui
l’exerce. Il comprend une activité de formation et
de diffusion des connaissances.
Les enjeux européens et internationaux imposent une organisation
stratégique de pôles de recherche ayant une taille
et une cohérence suffisantes, visibles au niveau international.
Le rôle des universités organisées en site
et fortement implantées dans le tissu territorial est ici
crucial. Les universités doivent se trouver au centre du
dispositif de l’organisation de la recherche comme cela est
le cas dans les autres pays bénéficiant d’une
recherche attractive.
En matière de programmation, la CPU considère comme
prioritaire l’établissement d’un plan pluriannuel
définissant avec précision les moyens financiers
et les créations d’emplois statutaires affectés à l’enseignement
supérieur et la recherche publique. Elle insiste de nouveau
sur la nécessité de moderniser le système
de gestion et d’administration des universités pour
répondre à l’ensemble des défis.
En conclusion de ces constats, la CPU appelle à une loi
d’orientation et de programmation de l’enseignement
supérieur et de la recherche, ayant pour objet la mise en œuvre
des réformes structurelles nécessaires.
Gérard Caudal
Vice Président du Conseil Scientifique
Gerard.caudal@admin.uvsq.fr
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