En janvier-février
2004, Damien Le Pape et Kathleen Rougier, étudiants de maîtrise à l’UVSQ,
ont effectué un stage avec Thierry Pot, ingénieur
de recherche et chef de la soufflerie hypersonique R5Ch du centre
ONERA de Chalais-Meudon.
Ce stage concernait des visualisations
d’écoulement à effectuer dans la soufflerie hypersonique
R5Ch de l’Onera. Il s’agit d’une soufflerie basse
densité (r = 4 10-4 kg/m3) délivrant un écoulement à Mach
10 (1,5 km/s) pour des durées de rafale d’une minute
environ. Cette soufflerie est destinée à l’étude
des phénomènes aérothermiques qui se produisent
lors d’une rentrée atmosphérique.
Compte tenu de la faible densité de l’écoulement
délivré par cette soufflerie, la technique de visualisation
la plus indiquée est la Fluorescence par Faisceau d’Electrons
(FFE). Aussi dès sa mise en service en 1990 la soufflerie
a été dotée d’un canon à électron
conçu à l’Onera. Ce dispositif de visualisation
a équipé la soufflerie jusqu’en 2003. Depuis
l’année dernière, un nouveau canon à électrons, à émission
secondaire, de conception plus simple que le précédent
et donc plus fiable, est désormais utilisé. Il a été fabriqué entièrement à l’Onera.
C’est la mise en service de ce nouveau canon à électrons
qui a constitué le stage des étudiants de l’UVSQ. |
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Fig. 1 : visualisation FFE d'une interférence de choc de type
II |
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Fig. 2 : visualisation FFE de l'onde de choc détachée devant
l'Orbiter du MSR |
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La technique de visualisation FFE repose
sur la production d’électrons
au moyen d’un tube cathodique, nommé canon à électrons.
Ces électrons ionisent les molécules d’azote
de l’écoulement d’air, créant des ions
N2+ qui se désexcitent de manière quasi-immédiate
radiativement en émettant chacun un photon. C’est cette
lumière naturelle qui permet la visualisation des différentes
zones de densité de l’écoulement, la fluorescence étant
d’autant plus importante que la densité du milieu est élevée.
De ce fait les ondes de choc, qui sont des sauts brusques de densité,
sont parfaitement visualisées par cette technique ainsi que
le montrent les images présentées :
La figure 1 est relative à une intersection de choc. Le vent
venant de la gauche, un premier choc oblique prend naissance sur
le bord d’attaque du dièdre et percute le choc détaché qui
se forme en amont du cylindre circulaire vu de côté placé perpendiculairement à la
direction du courant d’air amont. Il en résulte une
interférence de choc caractérisée par le dédoublement
du point d’intersection. Cette image a été réalisée
dans le cadre d’une étude fondamentale visant à étudier
les problèmes de surflux thermique au niveau des entrées
d’air d’un véhicule hypersonique (Programme pour
la Propulsion Hypersonique Avancée [PREPHA]).
La figure 2 montre le choc détaché qui se produit
devant le satellite du programme « Mars Sample Return »,
projet franco-américain qui consiste en le retour d’échantillons
martiens. L’originalité de ce projet résidait,
entre autres, en la phase de freinage aérodynamique (aerobreaking),
pour ralentir le satellite avant de le satelliser autour de la planète
Mars. Les essais de faisabilité réalisés à l’ONERA
pour le compte du CNES avaient pour but de vérifier la protection
offerte par le bouclier thermique à la charge utile lors de
cette phase d’insertion dans l’atmosphère martienne.
Bruno Chanetz - Professeur associé à l’UVSQ
Directeur adjoint du Département d’Aérodynamique
Fondamentale et Expérimentale (DAFE) à l’Office
National d’Etudes et de Recherches Aérospatiales (ONERA)
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