On comprend mieux à partir
de ces justifications pourquoi l’UVSQ initie dès 1999
sous l’impulsion du service de la Formation Continue les premières
délocalisations de diplômes. Séduit par cette
forme innovante de pédagogie transnationale, le DESS Communication
des Organisations(1), s’associe à cette politique et
conclut deux conventions. L’une avec l’École Supérieure
de Communication de Casablanca (Maroc), l’autre avec Institut
Supérieur du Management de Guadeloupe (Sup de co Caraïbe).
L’exportation de ce DESS a été pensée
dans un cadre qui a largement préfiguré la Charte
des délocalisations établie en 2003. Cela signifie
concrètement qu’un de nos soucis a été dès
le départ de proposer sur site un enseignement identique à celui
qui est dispensé à l’UVSQ. Il ne s’agit
pas cependant d’une exportation aveugle des compétences
car les spécificités locales imposent, et c’est
bien naturel, une redéfinition - à la marge - des
maquettes. Pour être clair, les cours théoriques sont
assurés, grâce à leur unanime implication,
par les enseignants-chercheurs du DESS. Les séminaires professionnalisants
sont eux dispensés par des partenaires locaux dont le recrutement
est validé en commission de spécialistes. Conformément à la
Charte toujours, les étudiants (19 diplômés
pour le Maroc et 10 pour la Guadeloupe en 2004) sont sélectionnés
sur la base de leur dossier et d’un entretien individuel.
Ceux qui sollicitent une validation des acquis professionnels sont
soumis aux procédures définies par l’UVSQ.
Grâce à cette formule qui transfert sans placage
trivial les savoirs, le diplôme est perçu localement
comme un outil de promotion sociale mais aussi, et de plus en plus,
comme un lieu de spécialisation de haut niveau. Ce glissement
d’image explique que le DESS attire des conseillers ministériels,
des directeurs de clientèle, des directeurs artistiques,
des chargés de communication en agence ou en collectivité territoriale
et même des hommes politiques !
La délicate phase d’installation étant derrière
nous, les deux dernières années ont permis de consolider
l’existant et d’améliorer en particulier le
suivi des travaux et la restitution des expériences. Cet équilibre
est toutefois transitoire car déjà se profile le
passage au LMD et la négociation cette année d’une
nouvelle maquette. Nos partenaires sont en effet partants pour
poursuivre l’aventure et transformer le DESS en Master « Politiques
de la Communication »(2).
Deux remarques pour conclure : cette expérience se révèle
pédagogiquement et humainement très enrichissante, à condition
de savoir décentrer le regard et ne pas faillir à la
qualité de ce qui est enseigné. Enfin, l’Université a
tout à gagner à développer les délocalisations
et plus largement l’exportation de ses compétences.
Cela suppose cependant de promouvoir le travail des éclaireurs
de l’ingénierie pédagogique et de s’assurer
de la capacité des équipes enseignantes à tenir
la distance.
Pascal Dauvin
Directeur-adjoint du DESS
pascal.dauvin@droit.uvsq.fr
(1) Créé en 1993, il a été dirigé par
J. Gerslé, Y. Poirmeur.
J.-B. Legavre en assure aujourd’hui la direction.
(2) Ce Master qui est né de la fusion du DESS Communication
des organisations et du DESS Communication d’Entreprise,
Interculturalité, nouvelles Technologies dirigé par
M.-N. Sicard est une des filières professionnelles du Master
de Science Politique et Communication.
|