Dans ce contexte, à forte connotation concurrentielle, l’enjeu
pour l’université, en tant que service public, réside
en sa capacité à mettre en place une réponse cohérente
et flexible pour répondre à une demande de formation
initiale et de formation continue émanant de publics de plus
en plus divers, tant au niveau de leur origine scolaire et universitaire
qu’au niveau de leur expérience professionnelle.
Les évolutions contemporaines du marché de l’emploi
requièrent, pour la grande majorité, une élévation
du niveau de formation post-baccalauréat tout en exigeant une
lisibilité accentuée en termes de capacités acquises
(vocation affirmée du supplément au diplôme). Le
contenu des formations, les capacités et compétences
associées constituent les références pour l’insertion
professionnelle tout particulièrement dans le cadre européen.
Il y a en conséquence la nécessité de les construire
de manière modulaire en suivant l’ingénierie des
compétences, afin d’aboutir à une harmonisation
des diplômes et de favoriser ainsi la mobilité tant dans
le registre des parcours universitaires que dans celui du développement
de carrières.
Les connaissances et capacités acquises lors des formations
universitaires ne forment pas seulement un « socle minimal de
formation» porteur d’adaptations futures, mais doivent être
de plus en plus en adéquation avec le domaine professionnel
recherché en sortie. Les capacités d’adaptation,
d’autonomie, d’apprentissage, d’ouverture d’esprit,
etc. sont devenues les éléments dominants des compétences
métiers. Cette évolution fournit une convergence certaine
entre les objectifs des savoirs universitaires et la mise en œuvre
de nouvelles méthodes d’apprentissage (alternance, pédagogie
sur projet, introduction des TICE…).
Les débouchés professionnels, à court et long
terme, deviennent pour les étudiants un élément
prépondérant de leur choix, sachant qu’outre leur
insertion immédiate, ils devront vraisemblablement changer d’emploi
et parfois même de domaine professionnel plus de huit fois dans
leur vie active, ce qui impose qu’ils aient acquis les éléments
de formation fondamentaux garants de leur capacité à évoluer.
Or l’université, peut disposer avec ses formations et
ses diplômes, des réponses à cette double exigence
dans la mesure où elle bâtira des dispositifs continus
et ouverts.
Ainsi, la formation tout au long de la vie ne concerne pas exclusivement
la formation continue. Il faut édifier une approche commune
tant pour la formation initiale que pour la formation continue qui
comporte l’ensemble des éléments indispensables à une
professionnalisation accentuée et durable. De fait, la formation
initiale constitue la première étape d’un processus
de formation/emploi qui va se dérouler tout au long de la vie
de l’étudiant après son entrée dans la vie
active.
Cette approche peut partir d’un ensemble de faits préexistants,
tout en mettant en place les dispositifs et les modalités pédagogiques
ad hoc. Ainsi, un certain nombre d’étudiants sont déjà des étudiants
salariés ; la mixité des publics de formation initiale
et continue constitue une réalité dans nos formations
universitaires. Ce phénomène s’est accentué avec
la mise en place de la validation des acquis, les contrats d’apprentissage
et les nouveaux contrats de professionnalisation correspondent - pour
des publics de formation initiale et continue - a une organisation
pédagogique ainsi qu’à une validation de capacités
dans un contexte associant milieu universitaire et entreprise dans
un contexte professionnel fort.
La mise en place du LMD introduit la notion de « projet pédagogique » et
de « complément au diplôme » qui se retrouve,
dans un contexte plus général, dans la définition
du « projet professionnel » en FC. D’une démarche
pédagogique centrée sur le groupe, sur la dynamique des
collectifs, on passe donc à une recherche plus fine d’adaptation
et de mobilisation au service d’un projet personnel. L’étudiant
passe du statut de «consommateur» de la formation au
statut d’« acteur ». Mais on doit aussi constater
que plus on individualise, plus il faut accompagner, et que l’individualisation
doit entraîner la mise à disposition de professionnels,
d’institutions qui servent de relais, de référence.
Enfin, les textes de lois et décrets français sur la VAE, qui soulignent
le caractère « formateur » du travail et plus généralement
de l’ensemble des activités professionnelles et sociales, constituent
souvent une référence intéressante pour les autres pays
européens.
Ce continuum entre la Formation Initiale et la Formation Continue nécessite
la mise en place d’une structure de réflexion pédagogique
et de construction des dispositifs porteurs de ces réponses de formation,
ainsi que d’un guichet universitaire transversal pour l’accueil,
le suivi et l’insertion professionnelle.
C’est dans cette optique, que le SCUFC travaille en liaison
avec toutes les composantes de l’université à la
constitution de ce guichet unique pour l’accès à l’information,
l’individualisation de la réponse, l’aide à l’acquisition
de contenus dans un environnement de plate forme pédagogique
collaborative enseignants/enseignés et l’aide à la
définition de son projet et à sa réalisation.
Depuis maintenant sept ans, nous avons développé le
concept « d’Université Ouverte Professionnalisante» (UOP)
qui prend en compte les trois étapes de la formation : la
définition du projet professionnel, la prescription de formation
associée et la concrétisation professionnelle.
Après la mise en place d’une première expérimentation
en présentiel, avec le dispositif créé pour
aider les emplois jeunes de l’Education Nationale des départements
des Hauts de Seine et des Yvelines à trouver un emploi durable
en fin de leurs 5 ans de contrat (37,66 % placés en CDI en
un an et demi de fonctionnement), nous travaillons à la virtualisation
des constituants de l’UOP.
Ainsi, les deux projets proposés par le service pour la virtualisation
de la validation des acquis (ACTE 1 et ACTE 2), projets sélectionnés
et financés par le Fond Social Européen (FSE), doivent
permettrent de mettre à la disposition, en entrée de
formation, un outil d’aide à la définition du
projet de formation en liaison avec le projet professionnel et l’expérience
capitalisée.
Le dispositif modulaire proposé, en réponse à l’appel
d’offre sur les TIC du Conseil régional, permet de construire
des parcours individualisés pour des demandeurs d’emploi.
Le fort développement des formations par alternance impulsé avec
le concours du SCUFC a permis de constituer sur de nombreuses
formations une alternative à la formation traditionnelle.
Les projets EUROPORTIC et E-FORMINFO, sélectionnés
et financés respectivement par l’agence Léonardo
et Socrates-Minerva vont permettre la création d’un
portail européen dans le domaine de l’Informatique et
du Multimédia reprenant les composants de l’UOP et proposant
un cursus européen en ligne de formation et de validation.
Enfin, le travail en réseau initié à l’aide
des projets nationaux et européens, constitue une avancée
pour l’harmonisation européenne des cursus de formation
avec le LMD et les ECTS en construisant les partenariats porteurs
de ces cursus nouveaux et adaptés au contexte général
de l’évolution des métiers, de la mobilité des
salariés et de la nécessaire élévation
du niveau de formation universitaire de chacun et de validation tout
au long de la vie.
Le SCUFC
Marie-Laure Forestier
marie-laure.forestier@admin.uvsq.fr
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