| Ce colloque
a réuni 180 participants, dont un tiers venait de l’étranger
(23 pays représentés). Près de 120 communications
ont été présentées et discutées.
Cette participation massive et diversifiée témoigne
de la vitalité de ce champ de recherches.
Elle montre aussi
l’élargissement croissant des activités
professionnelles étudiées par les sociologues. En effet,
plusieurs domaines investis depuis longtemps étaient fortement
représentés, tels la santé (médecins généralistes,
chirurgiens, infirmières, psychothérapeutes, mais aussi
acuponcteurs ou homéopathes…) ou le droit (avocats, magistrats
du siège, juges des prud’hommes, procureurs, mais aussi éducateurs
ou médiateurs juridiques), ou l’enseignement (professeurs
du secondaire, instituteurs, chefs d’établissements, mais
aussi formateurs d’adultes ou accompagnateurs de la validation
des acquis de l’expérience), ou encore le travail social
(assistantes sociales, assistantes maternelles, conseillères
conjugales, aides familiales, mais aussi femmes-relais ou médiateurs
sociaux).
Mais d’autres domaines font désormais l’objet
de recherches nombreuses, tels les arts (comédiens de théâtre,
musiciens d’orchestre classique, baroqueux, jazzmen, mais aussi
restaurateurs d’œuvre d’art), les activités
de service (vendeurs, chauffeurs-livreurs, postiers, téléopérateurs,
conseillers bancaires, mais aussi conseillers funéraires ou
conseillers en courtage en ligne), les professions consultantes ou
indépendantes (journalistes, urbanistes, conseillers en recrutement,
créatifs en publicité, ou encore designers industriels
ou chasseurs de tête), ou encore des formes atypiques d’activité (dirigeants
associatifs bénévoles, élus locaux, sportifs de
haut niveau, mais aussi développeurs de logiciels libres ou
vendeurs de journaux à la criée), etc.
Cette diversification des objets d’étude, due pour une
large part à la multiplication des thèses de doctorat,
contribue directement au renouvellement des problématiques théoriques
et des cadres d’analyse. Désormais la sociologie des groupes
professionnels prend en compte, aux côtés des professions établies,
des activités professionnelles plus modestes, des activités
nouvelles et émergentes, des activités serties dans des
organisations industrielles ou de services. Et cela conduit à articuler
plusieurs versants souvent séparés de l’analyse
: les processus de régulation collective de ces groupes (construction
d’une cohésion interne, consistance d’identités
partagées, revendication d’une représentation collective,
conquête d’un mandat, légitimité…)
; la structuration des marchés du travail (recrutement, gestion
des carrières, statuts, règles d’accès à l’activité,
filières de formation…) ; et les transformations des
activités de travail (définition des missions, positions
dans la division du travail, évaluations des performances, dispositifs
de mobilisation et de contrôle…).
Ainsi la sociologie
des groupes professionnels est enrichie par l’intégration à l’analyse
des politiques publiques et du rôle de l’Etat, des rapports
aux clients et des relations de service, des contextes institutionnels
et de l’organisation du travail, des parcours biographiques et
des carrières. Les publications qui suivront ce colloque s’efforceront
d’expliciter ces enrichissements prometteurs.
Didier Demazière
directeur du laboratoire Printemps
didier.demaziere@printemps.uvsq.fr
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