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Les Editions de l'UVSQ

Publications à l'UVSQ
Nouveautés 2006

 
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HISTOIRE
Marie-Antoinette, Une reine brisée
Annie DUPRAT, Paris, Perrin, 2006. 286 p. ISBN 2-262-02409-X. Prix 17,90 euros

Plus lucide que beaucoup de ses contemporains, la reine observe dès le 1er mai 1790 dans une lettre à son frère Léopold : « c’est une guerre d’opinions et elle est loin encore d’être finie ». Moins de trois ans plus tard, la guillotine entre dans cette guerre d’opinions en reprenant une à une toutes les accusations portées contre Marie-Antoinette depuis son arrivée en France. La dernière reine de France a prêté le flanc à la calomnie en ne se souciant guère des libelles et des chansons qui raillent son goût des bijoux et de la mode, sa passion du jeu et des bals et traquent chacun de ses faits et gestes. Lorsque la Révolution éclate, la parole est à la rue et Dame Guillotine égrène inlassablement des accusations politiques contre celle qui n’a pas cessé d’être regardée comme une femme avide d’or et de pouvoir, toujours comparée à l’aigle d’Autriche fondant sur le troupeau de moutons de la malheureuse nation française. Au matin du 16 octobre 1793, qui a-t-on guillotiné : une entité, le double noir de Marie-Antoinette de Lorraine-Habsbourg qui concentre toutes les haines et de toutes les frustrations d’une époque en danger ou la dernière reine de France qui n’avait pas voulu voir à temps les fractures du monde ?

Histoire pleine de bruit et de fureur, fable tragique d’une reine arrivée trop jeune dans un monde à bien des égards trop vieux, dans une monarchie dont les fondements étaient totalement vermoulus, histoire d’une femme de tête et d’action campée sur ses certitudes d’un autre âge et qui ne peut pas accompagner la régénération révolutionnaire, cette histoire est aussi, et peut-être surtout, celle de son double, de cette reine de papier de la propagande qui lui colle à la peau comme une tunique de Nessus mortifère. Les sept chapitres du livre sont la déclinaison des « sept morts de la reine ».

Historienne, Annie Duprat est spécialiste du rôle des images et de la caricature, en particulier sous l'Ancien Régime et la Révolution française. Elle a publié notamment Histoire de France par la caricature [Larousse, 1999] et Les rois de papier. La caricature de Henri III à Louis XVI [Belin, 2002].

Contact: Marie-Laure DEFRETIN, Tél : 01 53 63 50 20 marie-laure.defretin@editions-perrin.com

 
HISTOIRE
Saintes ou Sorcières. L'héroïsme chrétien au féminin
sous la direction de Véronique Alemany, Monique et Bernard Cottret. Editions de Paris, 2006. ISBN 2-84621-076-4, 268 pages, 18 €

Qu'elles soient vierges, épouses ou mères, les femmes fournissent leur lot de martyrs. Profanes ou sacrées, laïques et religieuses, elles renouent avec Iphigénie et Blandine, parmi toute une cohorte de saintes qui trouvent dans la mort l'achèvement de leur destin.

Femmes immolées, femmes violées, femmes voilées, femmes punies, femmes battues, femmes offertes en expiation, la liste est sans fin. Ainsi la femme, modèle paré de toutes les vertus ou sorcière ceinte de tous les vices, se prête aisément au sacrifice, que celui-ci soit sanglant ou symbolique.

Cet ouvrage, à travers une douzaine de contributions, étudie ces quatre grandes figures que sont la sainte, la mystique, l'héroïne martyr ou persécutée. Un regard éclairant et pluriel sur la condition et l'image de la femme entre la fin du Moyen Âge et aujourd'hui.

Contact: Bernard.Cottret@sudam.uvsq.fr

 
GENETIQUE
La génétique
Jean-Louis Serre, Le Cavalier Bleu édition, coll. Idées Reçues, 2006

L'auteur s’attache ici à expliquer en termes simples les grands principes de la génétique et ses enjeux trop souvent associés à de véritables scénarios catastrophes.

« Mendel est le père de la génétique » ;« La génétique, c’est l’hérédité » ;« Les vrais jumeaux sont génétiquement identiques » ; « L’utilisation des antibiotiques rend les bactéries résistantes » ; « La thérapie génique est la médecine de l’avenir » ; « Nous sommes maintenant en mesure de cloner l’être humain »…

Issues de la tradition ou de l’air du temps, mêlant souvent vrai et faux, les idées reçues sont dans toutes les têtes. L’auteur les prend pour point de départ et apporte ici un éclairage distancié et approfondi sur ce que l’on sait ou croit savoir.

Jean-Louis Serre est professeur de génétique à l’université de Versailles Saint-Quentin-en- Yvelines. Membre du
bureau de la société française de génétique humaine et auteur de nombreux ouvrages spécialisés

 
BIOGRAPHIE
Alain, le premier intellectuel
Thierry Leterre, Edtions Stock, 2006, 22,5 euros

En amont, Bergson. En aval, Aron et Sartre, Foucault. Entre eux, nul n’a incarné aussi bien qu’Alain la philosophie française, faite de clarté, de concision, incarnée en la figure d’un professeur inspiré. Car Alain (1868-1951), pour des générations d’étudiants, a d’abord été un enseignant dévoué à sa fonction comme à un sacerdoce laïque, un maître qui savait comme personne jouer le rôle d’éveilleur traditionnellement dévolu au philosophe. Aujourd’hui encore, les élèves de ses élèves se souviennent de cette parole qui ne sacrifiait rien à la mode, rien à la facilité, qui n’avait souci que de vérité.

Mais Alain, en réalité, est bien plus que cela. Et c’est d’abord l’une des premières
grandes figures de l’intellectuel. Né à la vie politique avec l’affaire Dreyfus,
dont il fut tout de suite un défenseur acharné, plongé à sa demande dans le bourbier immonde de la Première Guerre mondiale, il fut dans l’entre-deux-guerres le représentant illustre du pacifisme de gauche qui allait peser si fort sur la conduite de l’État français ; lire le récit de la vie d’Alain, c’est comprendre mieux ce pan capital de notre histoire intellectuelle et politique.

Enfin, Alain, c’est aussi l’inventeur du « journalisme philosophique », l’auteur de près de cinq mille « Propos quotidiens » dont les plus célèbres ont été regroupés sous le titre « Propos sur le bonheur ». Non pas un à-côté de sa production philosophique, mais son versant polémique, en prise sur l’actualité la plus brûlante. On ne saurait prendre congé du XXe siècle sans connaître la vie d’Alain

Thierry Leterre, ancien élève de l’École normale supérieure, agrégé de l’université en philosophie et de l’enseignement supérieur en science politique, est professeur à l’université de Versailles Saint- Quentin-en-Yvelines. Il est sans conteste aujourd’hui le meilleur spécialiste de l’oeuvre d’Alain, à qui il a consacré récemment un autre livre : « La Raison politique. Alain et la démocratie » (PUF).

 
HISTOIRE CONTEMPORAINE
La censure de l’imprimé, Belgique, France, Québec et Suisse romande. XIXe et XXe siècles
Actes de colloque, Pascal Durand, Pierre Hébert, Jean-Yves Mollier et François Vallotton (Dir.), Québec, Editions Nota Bene, 2006. Prix $29.95. ISBN 2-89518-205-1

Dans une perspective volontairement comparatiste, ce volume consacré à la censure de l'imprimé en Belgique, en France, au Québec et en Suisse romande aux XIXe et XXe siècles donne à lire des textes de chercheurs d'horizons différents : historiens, littéraires, philosophes, sociologues, politologues ou encore médiologues confrontent ici leurs points de vue tant sur toutes les formes de censure. En cette époque où les performances techniques de l'Internet semblent vouloir procurer à l'homme une liberté illimitée de communiquer avec qui bon lui semble et de débattre ou de polémiquer avec la planète entière, la censure ne s'est cependant pas volatilisée comme par enchantement. Sa capacité de nuisance est toujours présente, quel que soit son domaine de prédilection ou d'élection et seule la vigilance critique du citoyen peut permettre de proposer des solutions ou de trouver des parades provisoires. Si ce volume y contribue, grâce à l'analyse rigoureuse des mécanismes qui renforcent son pouvoir, il aura alors été profitable de consacrer quelques heures à sa lecture.


Contact: Patricia Lamy Tel: (514) 525-7443 patlamy@sympatico.ca

 
DROIT
Reconstruire la justice
Matthieu Boissavy et Thomas Clay, Editions odile Jacob, Collection la 6e République, 2006, ISBN 2-7381-1819-4

La justice en crise. Les moyens ? Insuffisants. Les délais ? Trop longs. Les coûts ? Trop élevés. Les effectifs ? Trop faibles. Le droit (que personne n'est censé ignoré) ? Méconnu de tous, y compris des professionnels du droit qui ne s'y retrouvent pas dans l'abondance des textes. On pourrait poursuivre ainsi la litanie des échecs. Mais le temps n'est plus à l'inventaire, il est à la reconstruction.

Ayons l'ambition de bâtir une autre justice, une justice avant tout tournée vers ceux auxquels elle est destinée, une justice rendue par des juges reconsidérés,dans des tribunaux réorganisés, avec des professions judiciaires repensées, une justice dans laquelle chacun pourrait se reconnaître, bref une justice réconciliée avec elle-même.

C'est ç l'ensemble des dysfonctionnements, et pas seulement à ceux de la justice pénale, que ce livre s'attaque, sans tabou ni complaisance, pour proposer un projet à la fois moderne et réaliste de refondatio de l'institution.

Matthieu Boissavy est avocat aux barreaux de Paris et de New-York
Thomas Clay est agrégé des facultés de droit, professeur à l'UVSQ et vice-doyen de la faculté de droit.

 
ECONOMIE
Positive Ethnics in Economics
Jérôme Ballet et Damien Bazin, éditeurs, 2006

L’économie est souvent accusée d’être a-éthique pour ne pas dire totalement immorale, la concurrence pure et parfaite est décriée et sert de point d’appui à cette dénonciation et le critère d’efficacité est rejeté au nom des règles de justice. Il est ainsi courant d'affirmer que l'économie devrait être plus éthique, par exemple plus préoccupée de ses effets sociaux, notamment plus équitable. Il faudrait combattre la pauvreté de notre époque et prévoir une équité intergénérationnelle. Des mesures redistributives, particulièrement des taxes pourraient en conséquence être instaurées. De même, face à l'argent sale, des taxes éthiques pourraient être établies sur les circulations d'argent douteuses. La science économique est de cette manière assimilée aux conséquences réelles d'un mode de fonctionnement économique particulier.

Cette éthique économique positive se différencie nettement de l'économie éthique normative. Cette dernière moralise l'économie en proposant de la rendre plus juste. Au contraire l'éthique économique positive est avant tout une modalité de construction du raisonnement économique théorique.

Elle s'insère dans une réflexion sur les pratiques de l'éthique en économie. Considérant l'homme comme une personne morale, elle construit des raisonnements et modèles économiques à partir d'hypothèses dépassant le cadre simpliste de l’homo economicus atomisé, isolé de ses semblables, purement et simplement égoïste.

Tenant compte du fait que l'homme est en société, elle en formalise la prise en considération. Si l'homme est mû par des motivations morales, que ces motivations se retranscrivent dans ses actes économiques quotidiens tels que la consommation, l'épargne et les transferts ; alors la science économique ne peut en faire totalement abstraction. L'éthique économique positive étudie spécifiquement les modalités pratiques de construction d'un homme économique éthique. Il ne s'agit donc pas d'une dénonciation ou d'un rejet des modèles économiques, mais avant tout d'une analyse des élargissements ou des reconstructions du cadre analytique et théorique.

Jérôme Ballet, Maître de conférences à l’UVSQ et chercheur au Centre d'économie et d'éthique pour l'environnement et le développement (C3ED) à l'UVSQ.
Damien Bazin, ATER à l’université de Nice et chercheur au C3ED.

 
GESTION
Management de la Créativité en Entreprise
Didier Bardin, Editions Economica, 2006, ISBN 2-7178-5218-2, 39 euros

Dans un monde complexe, hyperconcurrenciel, où le changement devient la norme, la créativité et l'innovation sont de plus en plus souvent sollicitées. Si la créativité est plébiscitée par la plupart des dirigeants, force est de constater la difficulté de sa mise en application dans le cadre de l'entreprise. Pourquoi cette distance entre le contenu des discours et la réalité des pratiques ? Qu'est ce qui bloque ou fait défaut ?

En développant une réflexion axée sur la pratique émergente du management de la créativité, cet ouvrage vise à caractériser les mécanismes et spécificités de la créativité collective, éclairer les enjeux et utilités d'un système créatif, proposer des pistes d'action pour placer la créativité au coeur de l'organisation.


Après avoir créé et dirigé plusieurs sociétés, Didier Bardin est aujourd'hui consultant, directeur d'études et de recherches, enseignant à l'INT et chargé de cours dans divers établissements d'enseignement et de formation.

 
SCIENCE POLITIQUE
Violence et nationalisme
Xavier Crettiez, Editions Odile Jacob, 2006

La violence est le plus souvent moralement condamnable et légalement condamnée dans les sociétés qui aspirent à un minimum d’harmonie et de développement. Il est pourtant certaines violences qui demeurent louées par ceux qui les pratiquent lorsqu’ils prétendent en user au nom d’une transcendance qui absout de tous les excès. Violence de classe hier, violence fondamentaliste et violence nationaliste aujourd’hui, opposent complaisamment la grandeur de leurs justifications aux horreurs qu’elles suscitent.
En brassant de multiples exemples allant des révoltes nationalistes en Europe (Corse, Euskadi, Ulster) à l’islamo-nationalisme du Proche-Orient, de l’Afrique des grands lacs aux déchirures ethniques dans les Balkans, des résistances dans le Caucase aux émeutes organisées en Inde, en passant par le nationalisme d’Etat, l’auteur décrypte la réalité souvent prosaïque des ambitions des nationalistes violents. Derrière les habiles discours de légitimation de la « grandeur nationale », se dévoilent des ambitions de pouvoir, des volontés hégémoniques, des rivalités intéressées mais aussi un profond désir de réenchantement d’une modernité jugée trop terne. Si les expériences nationalistes comme les niveaux de violence divergent, les moteurs de l’engagement dans l’activisme communautaire sont bien souvent semblables.

Les liaisons dangereuses qu’entretiennent violence et nationalisme ne sont pas toujours très lisibles. Le flirt peut sembler séduisant à certains idéalistes. Il est rare qu’il le demeure pour le plus grand nombre…

Xavier Crettiez est professeur de science politique à l'Université de Versailles Saint-Quentin en Yvelines

 
HISTOIRE
Convertir / Se Convertir
Textes réunis par Jan Borm, Bernard Cottret, Jean-François Zorn Editions Nolin, 2006
ISBN 2-910487-28-8 , 202 pages, 19 € - Ouvrage publié avec l'aide du CS de l'UVSQ

L’histoire des missions extérieures, encore florissante dans les années 1950, a évidemment subi le contrecoup, en tous points salutaire, de la décolonisation. On ne peut plus parler de l’Afrique, de l’Amérique ou de l’Asie comme au temps de Tintin au Congo, pace Hergé. Tintonologues ou Tintinophiles se souviendront du reste de la présence des pères blancs dans l’album d’Hergé.

Cette histoire des missions extérieures mérite d’être reprise aujourd’hui, avec tout l’apport critique de ces cinquante dernières années. On pense en particulier aux travaux des anthropologues et des géographes, mais il convient aussi de voir le parti que l’analyse littéraire, et plus spécifiquement l’étude des récits de voyage, peuvent tirer de ces documents, incluant aussi bien les comptes-rendus des jésuites que les explorations des protestants. Pour ne rien dire, toujours dans le monde catholique, des récollets et de la vaste mouvance franciscaine. D’autres interrogations portent sur l’activité missionnaire elle-même : s’agit-il de « croire et faire croire », ou de « se convertir et convertir » ? Quelle place occupe le témoignage personnel, l’expérience intime, dans le mouvement vers l’Autre qui fonde le partage de vérités a priori universelles

 

Contacts : Bernard Cottret, Jan Borm du Laboratoire Suds d'Amérique (SUDs)
Aux éditions Nolin : editionsnolin@hotmail.com

 
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