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"Nous voulions un Observatoire bien ancré sur son territoire"

Daniel Vidal-Madjar, chercheur en physique de l’environnement, directeur de l’OVSQ de 2009 à 2010.

le 1 octobre 2016

Vous avez été avec Gérard Mégie et d’autres collègues, l’un des initiateurs du projet d’Observatoire de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines en service depuis 2009. Comment le projet a-t-il pu voir le jour ?

Daniel Vidal-Madjar: C’est une grande aventure et cela n’a pas été facile ! La vision que nous partagions était de réunir en un même lieu des chercheurs en sciences humaines et en sciences physiques et de l’environnement pour construire un institut comme il en existait déjà ailleurs en Europe et aux Etats Unis. Un défi pour la France des années 90 ! Nous avons semé des graines pour que les deux approches de l’environnement se parlent notamment en organisant des cours croisés en particulier avec l’équipe de Sylvie Faucheux. Puis, en 2007/2008, Sylvie Faucheux devenue présidente de l’université m’a demandé si je pouvais l’aider à organiser l’OVSQ dans cet esprit. L’idée était de réunir les labos traitant du climat et de l’environnement, sciences humaines et sciences de la nature, sur le même campus.

Le résultat est-il à la hauteur des espérances ?

D. V-M. : L’OVSQ a vu le jour en 2009. Avec la présence de l’Institut Pierre Simon Laplace ainsi que les laboratoires et équipes du Latmos, du LSCE et du CEARC, l’OVSQ est devenu cette plateforme de recherche, d’animation et de réflexion pluridisciplinaire sur le climat et l’environnement que nous avions imaginé avec Gérard Mégie. Mais sa construction n’est pas terminée : au départ nous avions associés les médecins sur la problématique de la pollution et ses effets sur la santé autour des grandes cohortes épidémiologiques qui se mettaient en place à l’UFR de Médecine. De même, nous avions tenté un rapprochement avec les juristes sur les questions de droit de l’environnement et des données associées, mais il ne s’est pas concrétisé. En revanche, j’ai milité pour que l’UVSQ se positionne sur l’histoire de l’environnement dans la lignée des travaux du précurseur Emmanuel Le Roy Ladurie. Nous avons pu, grâce au soutien de tous et en particulier de l’UFR d’histoire de l’UVSQ ouvrir un poste de professeur dans ce domaine, ce qui n’était pas arrivé depuis longtemps.

Les bâtiments de l’OVSQ ont été installés à l’emplacement de l’ancienne ferme de Troux. Quels liens souhaitiez-vous tisser avec le territoire ?

D.V-M. : Nous avons toujours pensé que c’était très important de créer une vraie relation avec le territoire et ses habitants. Avec Saint-Quentin-en-Yvelines, nous avions ce désir d’ouvrir nos portes au public pour partager ce mouvement de culture scientifique et technique. C’est ainsi que nous avons conçu les vendredis de l’OVSQ, ces conférences ouvertes à tous qui rencontrent un grand succès. L’Observatoire est également très dynamique dans le cadre de manifestations nationales comme la Fête de la science ou les Journées du patrimoine. Mais l’OVSQ pourrait aller plus loin, j’avais milité à l’époque pour transformer l’immense couloir en espace muséographique comme l’a fait l’Observatoire des sciences de l’univers de Grenoble. J’espère bien sûr que ce projet sur lequel l’équipe de communication de l’Observatoire continue de travailler, verra rapidement le jour.