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Parole de thésard - Maxence Rojo, un doctorant au bout du monde

Les recherches de Maxence, doctorant au CEARC à l'UVSQ, l'ont mené au bout du monde à la rencontre des peuples des régions arctiques qui lui ont confié comment ils vivent le changement climatique. Une approche inédite qui concilie deux disciplines, l'anthropologie et la climatologie, pour mieux comprendre les phénomènes climatiques de notre planète. Il nous fait partager un peu de son aventure scientifique…passionnante !

le 27 août 2014

Publié mercredi 27 août 2014

Des photos en noir et blanc qui mettent en valeur les populations nomades retirées, souvent oubliées : chiens de traineau, pêcheurs sur la banquise, lac gelé, troupeau de rennes, yourtes… Ces clichés d’hiver exposés à la BU du campus des sciences au printemps, nous ont fait découvrir la République de Touva en Russie (Sibérie, frontière mongole) à travers les yeux de Maxence Rojo.

Ce doctorant au laboratoire Cultures, environnements, Arctique, représentations, climat (CEARC), centre européen arctique à l’Observatoire de Saint-Quentin-en- Yvelines, se passionne pour les voyages, les nouveaux modes de vie, la découverte des peuples.

« C’est extraordinaire de rencontrer un nouveau monde. J’espère que ces expériences seront utiles pour nous au-delà de la recherche scientifique ».

Maxence Rojo étudie les éléments météorologiques extrêmes et les impacts du changement du climat dans les régions arctiques et subarctiques. Sa thèse, "Évènements sévères et changement climatique dans les régions arctiques et subarctiques : perspectives croisées en climatologie et en sciences sociales", s’inscrit dans la double association de l’anthropologie et la climatologie.

Ces deux disciplines se complètent et s’autoalimentent. Il participe au projet BRISK*, qui est un programme de l’Agence nationale pour la recherche qui se concentre sur la construction de synergies entre les savoirs des scientifiques et des autochtones sur les changements climatiques en Arctique. Cette recherche s’élabore grâce à des méthodologies de pointe transverses qui permettent de mieux comprendre les faiblesses et les capacités d’adaptation des sociétés et des environnements arctiques.

Avant d’aller sur le terrain, Maxence procède à un gros travail de recherche d’informations sur les aspects physiques et biologiques et sur l’évolution du climat de la région ciblée. Ensuite, une fois sur place, sa mission est d’observer.

Ses expéditions l’ont amené à constater que les zones de tempêtes maritimes se sont étendues, notamment à cause du recul de la banquise. De même, il a remarqué un décalage dans les saisons et une accentuation des précipitations qui impactent les modes de transport, donc de vie, des peuples nomades, minoritaires, qui vivent de la chasse et des produits laitiers grâce à leur bétail. Pour les populations sédentaires, exerçant la pêche et l’agriculture, l’effet se répercute sur les récoltes et amoindrit les ressources pour nourrir le bétail.

Cet amoureux de l’Arctique n’est pas prêt à se sédentariser… À quand la prochaine expédition ?


* BRISK : BRidging Indegenous and Scientific Knowledge on Arctic changes:Societies, Vulnerabilities and Adaptation.
(Lier les connaissances scientifiques et celles des peuples autochtones sur les changements arctiques : sociétés, vulnérabilités et adaptation).

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