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« Tous les enseignants étaient embarqués dans une formidable aventure »

Armelle Le Bras-Chopard, première femme agrégée en sciences politiques, fondatrice du département éponyme à l’UVSQ de 1985 à 2012.

le 1 octobre 2016

Vous faites partie de la toute première équipe de l’UVSQ et vous êtes arrivée dans l’université par un heureux concours de circonstances, racontez-nous.

Armelle Le Bras-Chopard : En 1985, peu après mon déménagement de Paris à Guyancourt avec ma famille, une antenne de Nanterre s'est implantée dans une école maternelle de ma commune et l'on m'a demandé d'y faire des cours. Il y avait une soixantaine d'étudiants la première année et une convivialité extraordinaire entre les quelques enseignants présents, sans question de grade et favorisée par les parties de ping-pong dans la cour ! Nous étions embarqués dans une formidable aventure avec la perspective de la création d'une université.

L’équipe enseignante étant restreinte, vous n’avez pas enseigné tout de suite les sciences politiques.

A.LB-C. : Non ! J’ai d’abord enseigné l’économie à la première promotion de sciences économiques, puis l’histoire aux étudiants inscrits en AES (Administration économique et sociale). Puis j’ai œuvré à la création d'un département de sciences politiques. Mon équipe s’étoffant au fur et à mesure, nous avons procédé à des recrutements, à des habilitations de diplômes en sciences politiques et à la constitution d'un laboratoire de recherche. L'idée était de conserver la vision transdisciplinaire des débuts en introduisant dans les cursus, des enseignements d'histoire, de sociologie, d'économie, et même de participer à un diplôme avec les "sciences dures" à Versailles. Mais aussi, au delà de ma propre discipline, comme j'étais déjà sur place à la naissance officielle de l'UVSQ, en 1991, j'ai fait partie de l'équipe dirigeante, elle aussi réduite au début, autour du président Garnier.

 

Vous n’enseignez plus depuis quatre ans mais poursuivez votre activité de recherche sur vos thèmes de prédilection comme le genre et la politique, et plus récemment les femmes djihadistes, quel regard portez-vous sur l’université que vous avez vue naître ?

A.LB-C. : Je reste très attachée à l’UVSQ. C’est une université où il fait bon étudier, où les étudiants ne sont pas des « numéros », des anonymes parmi les autres. En tant que première vice-présidente aux Relations internationales pendant sept ans, je suis très fière de sa renommée à l'étranger où l'on pense parfois, en raison de sa dénomination « Versailles", que l'UVSQ est la plus ancienne université de France !