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« Un écosystème d’innovation à l’université »

Financements de projets "bizarres", media labs, bourses d’excellences… Grégory Quenet, le nouveau directeur de la fondation de l’UVSQ, déborde de projets. Il nous présente sa stratégie pour faire de cette fondation 2.0 un puissant levier d’innovation.

le 27 août 2013

Publié mardi 27 août 2013
Qui êtes-vous, Grégory Quenet ?
Je suis professeur d’histoire de l’environnement. J’étudie la façon dont les sociétés humaines pensent les changements dans leur environnement et s’y adaptent. En 2011, l’UVSQ a été la première université à créer un poste de professeur en histoire de l’environnement en France. Cette année, j’ai eu la chance de faire partie de l’Institut des hautes études de l’entreprise. J’y ai pris conscience du fait que les universités ont un potentiel considérable de développement économique, mais qu’il faut réfléchir aux besoins auxquels on répond plutôt qu’aux produits qu’on offre. Notre rôle est aussi de faire en sorte que les étudiants aient confiance dans le monde de l’entreprise.

La fondation généraliste de l’UVSQ existe depuis 2011, qu’est-ce qui change ?

Cette fondation va gagner en ampleur. Grâce à des dons défiscalisés, les mécènes peuvent soutenir des projets précis et construire progressivement une relation de confiance, d'échange et de collaboration. Le premier objectif est d’attirer les meilleurs chercheurs et étudiants, avec des bourses et des chaires d’excellence : bourses pour les étudiants à potentiel des quartiers défavorisés, chaires internationales… Cette fondation sera une interface entre science, innovation et entreprises.

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Avez-vous vocation à remplacer certains services de l’université ?
Non, en aucun cas. Ces moyens viennent en plus de ce qui existe déjà. Les financements pour les étudiants étrangers, par exemple, viendront compléter ce que nos services d’accueil font déjà pour eux.
La Fondation doit donner la possibilité, grâce à des mécènes, d'aller plus loin et plus vite, par exemple en soutenant des projets qui n’auraient pas pu naître dans les circuits classiques. Par un fonds « aux frontières de la science » par exemple, qui soutiendra les projets courts et à risque, comme le font les ERC Grants. Nous amorcerons les premières promotions de formations très innovantes, les projets de recherches exploratoires…

Certaines disciplines seront-elles privilégiées ?
Nous voulons plutôt décloisonner les disciplines, en finançant des projets transversaux au fil de l’eau. Mais cela ne nous empêchera pas de cibler des actions, comme des budgets de traduction pour aider les chercheurs en sciences humaines à publier dans des revues internationales. Notre but est de fournir une aide souple et pratique aux chercheurs, pour qu’ils conservent la liberté indispensable à leur créativité, en s'appuyant sur un conseil scientifique entièrement composé de membres extérieurs à l'UVSQ. On leur fera confiance pour développer leurs recherches, tant qu’ils montrent comment ils participent à l’excellence de l’université.

Que comptez-vous faire pour l’ensemble des étudiants ?
Nous voulons améliorer l’environnement d’études, dont tout le monde profitera. Par l’achat d’équipements de recherche, un meilleur entretien du matériel, l’achat de livres et de disques pour la bibliothèque, la mise en valeur de notre patrimoine, comme les collections scientifiques de l’OVSQ…
Et surtout, lancer une révolution numérique, en développant les Massive Online Open Courses (les cours en ligne ouverts à tous). La question mérite d’être posée aujourd’hui dans le contexte de Paris-Saclay : construire d’immenses amphithéâtres est-il la meilleure façon de dépenser de l’argent ? Ne vaudrait-il pas mieux développer des enseignements plus ouverts à l’extérieur ? Ce système est en phase expérimentale, mais nous voulons nous positionner maintenant. Nous avons également envie de monter un MediaLab, comme au MIT : un lieu où les sciences exactes, les artistes, les informaticiens se rencontrent et montent des projets « bizarres »…

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Le Media Lab du MIT

Votre site parle de « créer un écosystème d’innovation à Saclay ». C'est quoi ?
Nous voulons jeter des ponts entre chercheurs et entreprises, en formant les chercheurs aux logiques économiques et en invitant des entrepreneurs dans les labos. Nous voulons participer aux projets d'incubateurs d’entreprises, qui associeraient les deux mondes pour créer de la valeur. Il ne suffit pas que les chercheurs montent des projets clés en mains pour les proposer aux entreprises, il faut un lieu où les projets puissent être co-créés. Ensemble.

Comment comptez-vous vous y prendre ?
Je vous ai présenté le portefeuille de projets qui déclinent les objectifs prioritaires de la Fondation, une stratégie qui doit être la plus lisible possible. Mais ils ne pourront être financés que s'ils convainquent des mécènes, ce qui suppose d'être capable de répondre à deux questions: pourquoi l'UVSQ et pas une autre université ou école ? comment tel projet va-t-il créer de la valeur, contribuer au développement humain et social, et être visible? La Fondation est un outil au service de l'UVSQ, mais ne pourra réussir sans l'implication de tous ses étudiants, personnels et composantes.

Propos recueillis par Clara Tomasini
clara.tomasini@uvsq.fr
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