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Des dents conservées à Moscou sont bien celles d’Adolf Hitler, mort en 1945

Après examen de plusieurs éléments par une équipe de chercheurs menée par le Docteur Philippe Charlier, confirmation est faite. Les restes d'Adolf Hitler de 1945 lui appartiennent et mettent un terme aux théories conspirationnistes.

le 18 mai 2018

Nombreuses furent les rumeurs qui coururent sur la supposée fuite d'Adolf Hitler et de sa femme Eva Braun, en place et lieu de leur suicide, suggérant que les corps retrouvés au matin du 4 mai 1945 n'étaient pas les leurs.
De leur destruction par le KGB réchappent seulement quelques fragments osseux : les mâchoires et une partie du crâne attribués à Hitler et un fragment de dent d'Eva Braun.

Comment ces éléments osseux sont-ils parvenus en Russie ? « Après l’autopsie des corps le 8 mai 1945 à Berlin par les Soviétiques, les autorités russes ont décidé d’expédier à Moscou les mâchoires d’Hitler afin de précéder à leur identification. Ils réussirent à identifier les dents comme étant celles du Führer grâce à Käthe Heusermann, l’assistante du dentiste d’Hitler et à son technicien dentaire, Fritz Echtmann », explique l'équipe de chercheurs dans l’article publié dans l’European Journal of Internal Medicine.

Le 30 mai 1946, l'opération secrète « Mythe » est menée à Berlin par les Soviétiques afin de vérifier à nouveau les investigations effectuées un an plus tôt afin de confirmer la thèse du suicide au cyanure car on dispose depuis d’un nouvel élément. L’équipe soviétique a en effet découvert, dans le sol à environ 50 à 60 cm de profondeur, un fragment de crâne dans le même petit cratère où les corps avaient été retrouvés un an auparavant.
L’ensemble des caractéristiques morphologiques permet de déduire que ce trou sur l’os pariétal gauche correspond à l’orifice de sortie d’une balle, en l’occurrence l’empreinte laissée par un projectile sur un os frais, et qu’il peut donc s’agir de la cause de la mort. Des dépôts brunâtres irréguliers sont présents des deux côtés des fragments osseux crâniens. Ils proviennent sans doute de la terre dans lequel ces os ont été enfouis.

Le Dr Philippe Charlier du Laboratoire DANTE a été autorisé à examiner visuellement les deux mâchoires. Le fragment de mâchoire supérieure mesure 42 mm x 8 mm et porte un bridge en métal doré, peut-être en or, sur la seconde prémolaire droite. Trois fragments de la mandibule (mâchoire inférieure), mesurant respectivement 48 x 20 mm, 30 x 32 mm et 40 x 27 mm, portaient d’autres prothèses et étaient caractérisées par un état osseux et dentaire très dégradé, à savoir par une importante résorption osseuse et une érosion des dents dans la région des incisives.

À Moscou, le Dr Philippe Charlier a examiné plusieurs éléments à la loupe binoculaire. Il a ainsi pu remarquer que toutes les prothèses métalliques étaient porteuses de micro et macro-stries et de micro-traumatismes caractéristiques d’un usage prolongé.

Après de nombreuses analyses, telles que celle des fragments de tartre dentaire récupérés par manipulation et grattage par le Dr Philippe Charlier, par microscopie électronique à balayage dans le laboratoire de physique des solides (CNRS, Université Paris-Saclay, Orsay), des clichés radiographiques du crâne, et la confrontation de leurs nouvelles données à celles publiées antérieurement dans des documents d'archives recoupés avec les témoignages de l'époque, et bien que ne diposant pas d'assez de matériel pour extraire de l'ADN, cette étude scientifique apporte la certitude que les restes des mâchoires de Moscou sont bien ceux d'Hitler. « Hitler est donc bien mort en 1945 », déclare le Docteur Philippe Charlier.
Informations complémentaires
Charlier P, Weil R, Rainsard P, Poupon J, Brisard JC. The remains of Adolf Hitler: A biomedical analysis and definitive indentification. Eur J Intern Med. 2018 May 15. doi: 10.1016/j.ejim.2018.05.014
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