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« Dreamland Alps. L'architecture alpine au prisme du sublime » par Susanne STACHER

Discipline : AMÉNAGEMENT, ARCHITECTURE Laboratoire : Laboratoire de recherche de l'Ecole nationale supérieure d'architecture de Versailles - LeaV

Résumé :
La thèse interroge la manière dont la notion de sublime influence la définition de l’architecture construite dans les Alpes, depuis la naissance du tourisme jusqu’à aujourd’hui. La première partie traite de la façon dont au début du XVIIIe siècle, les Alpes sont devenues le topos d'une nouvelle perception de la nature qui se cristallise dans la notion de sublime. Entre effroi et fascination, ce terme engage une expérience de la limite. C’est à la recherche de cette sensation que les voyageurs se rendaient dans les Alpes. Peu de temps après des montagnes artificielles ont été construites dans les villes, d'abord en tant que symbole de la liberté pendant la Révolution française, ensuite comme panoramas illusionnistes, jusqu'aux parcs d'attractions du XIXe siècle. Les parties qui suivent analysent de quelle façon le sublime donne corps à différents types d’architectures. Tandis que les grand-hôtels alpins mettaient en scène la vue sur le panorama des montagnes pour contempler le spectacle de la nature sauvage, les architectures cristallines sont l’expression de visions utopiques. Au cours du XIXe siècle, l'intérêt pour la nature sauvage se transfère sur des éléments singuliers de la nature, particulièrement sur le soleil qui devient en tant que thérapie un véritable mythe. Ceci se manifeste dans les divers « mouvements de réforme de vie », tout comme dans les affiches publicitaires des sanatoriums. Les Alpes étaient considérées comme un « paysage thérapeutique », et comme un territoire idéal pour l'éducation. Différentes institutions religieuses et politiques y ont construit des colonies d'enfants, provocant entre eux une véritable lutte d'appropriation idéologique. Mais les Alpes étaient aussi le territoire idéal pour jouir de l'ivresse du mouvement et du vertige depuis que l’accès en était rendu possible par un réseau de plus en plus dense de téléphériques et de refuges, où l'architecture met en scène l'expérience de la limite du sublime. Avec l’émergence du tourisme de masse, ce n'était plus la nature qui était considérée comme sublime, mais la technique qui permettait de la dominer.L’analyse de l’architecture alpine à travers le prisme du sublime amène en conclusion à un état des lieux du tourisme alpin aujourd’hui où est mise en évidence la radicalité des prises de position. À travers ces présentations, les différentes figures du sublime ouvrent ainsi à une réflexion sur les constructions futures dans la continuité d’une pensée visionnaire, où s’articule le rapport entre l’homme et la nature.

Abstract :
The thesis questions in which way the sublime has influenced the architecture built in the Alps, from the beginning of tourism until today. The first part shows how the Alps became in the beginning of the 18th century the topos of a new perception of nature, which crystallized in the notion of the sublime. Situated between terror and enthusiasm, this term implies an experience of the limit. Longing for this sensation, the travelers went to the Alps. A little later, mountains were constructed artificially in the cities, first as a symbol for liberty during the French Revolution, then in form of illusionist panorama-paintings, up to factice Swiss sceneries in amusement-parks in the end of the 19th century. This induced a flood of tourists, transforming the Alps into a “Dreamland”, for different kind of dreams. The main part analyses in which way the sublime became the guiding principle for various architectures: While the alpine grand-hotel framed the scenery by panoramic windows in order to contemplate the wilderness outside, crystalline architectures are conceived out of utopic visions, looking for a harmonious world. In the end of the 19th century the focus on the “wild nature” was transferred on to singular elements of nature, especially the sun, which (being considered as a remedy) became a real myth. This becomes evident in the “Live Reform”-groups, as well as in the advertisements for sanatoriums. The Alps were considered as a “therapeutic landscape”, as well as an ideal territory for education. Numerous children-colonies have been built by different religious and political institutions, leading to a fight about the appropriation of the children; the ideological differences became visible in the architectural typologies. But the Alps were also considered as an ideal territory to experiment the sensation of giddiness and speed. This became possible by the increasing net of cable-cars and sport-hotels, where cantilevers emphasized the experience of the limit (inherent to the sublime). With the upcoming mass tourism it was not anymore the wild nature which was considered as sublime, but the technic, which dominates nature. The analysis of the alpine architecture through the prism of the sublime leads to an observation of the actual alpine tourism, emphasizing the radicalism of the various phenomena throughout history. The different figures of the sublime open towards a reflection about the future constructions, in the continuity of a visionary relationship between man and nature.
Informations complémentaires
M. Philippe POTIE, Dr. en histoire de l'Art EHESS, ENSA-Versailles, FRANCE - Directeur de these
Mme Angelika SCHNELL, Univ-Prof. Dipl. Ing. Dr.-Ing., Akademie der bildenden Künste Wien, AUTRICHE - Rapporteur
M. Hartmut FRANK, Prof.em. Dipl.Ing., Hafen City Universität Hamburg, ALLEMAGNE - Rapporteur
M. Matthias BOECKL, Univ.-Prof. Mag. Dr., Universität für angewandte Kunst Wien, AUTRICHE - CoDirecteur de these
Mme Baldine GIRONS, Prof. émerite en Philosophie, Universite Paris Ouest Nanterre, Dep. Philosophie, FRANCE -Examinateur
M. Paolo AMALDI, Dr. en architecture, Ensa-Versailles, SUISSE - Examinateur
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DREDVAL - Service SFED :