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« House of the Future ». L’habitat léger et minimal en plastique (1956-1974) : histoire, conservation, prospective

du 21 avril 2027 au 22 avril 2027

Le 21 et/ou 22 avril 2027
Montigny-le-Bretonneux

Appel à communications : Journée d'études organisée par Catherine Delplanque (Chargée des partenariats Académiques et de la Recherche - ENSA Versailles), Ana-Marianela Rochas-Porraz (manager de projets de recherche SHS – UVSQ / Université Paris-Saclay) et Lucie Sauvageot (responsable de l'action culturelle et des publics - Musée de la ville et du patrimoine de Saint-Quentin-en-Yvelines)

Présentation générale :

À l’occasion de la restauration d’une maison Futuro de l’architecte et designer Matti Suuronen acquise par Saint-Quentin-en-Yvelines en 2023, le Musée de la ville de Saint-Quentin-en-Yvelines, l’École nationale supérieure d’architecture de Versailles (ENSA Versailles) et l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) organisent une journée d’étude consacrée aux formes d’habitat léger et minimal en plastique au tournant des années 1960 et 1970.

À partir de la fin des années 1950 et jusqu’au premier choc pétrolier de 1973, l’essor des matériaux plastiques ouvre la voie à l’expérimentation de formes d’architectures légères, modulaires et mobiles. En 1956, René-André Coulon et Ionel Schein présentent au Salon des Arts Ménagers de Paris la première « maison tout en plastique ». L’année suivante, la Monsanto House of the Future, ouvre à Disneyland en Californie : conçue comme une attraction, elle donne à voir au grand public une vision prospective de l’habitat individuel au seuil du XXIe siècle.

Dans la décennie suivante, architectes, designers et industriels s’emploient à concrétiser ce qui relève encore d’une utopie architecturale, en développant des prototypes susceptibles d’être produits en série. En France, les recherches autour de l’habitat en plastique et les tentatives d’industrialisation sont nombreuses et diffusées par les revues et les expositions d’architecture. En 1964, Jean Benjamin Maneval conçoit la Bulle à six coques ; en 1965-1969, Pascal Häusermann imagine la Maison Spatiale Novery, puis la série modulaire des Domobiles en 1971. La même année, l’agence AUA présente le prototype de son Tétrodon dans la cour du Louvre. L’entreprise Algeco lance son module d’habitation préfabriqué Algeco 2002 en 1969.

À l’échelle internationale les expérimentations oscillent entre « architecture de papier », prototypage et production en série. Le Living-Pod d’Archigram (1967), la Kunststoffhaus FG2000 de Wolfgang Feierbach (1968) et la Rondo House d’Angelo et Dante Casoni (1969) resteront à l’état de projet ou de prototype. La Futuro House connaîtra elle une fortune différente : allié à l’entreprise Polykem, Matti Suuronen parvient à produire, à partir de 1968, une centaine d’exemplaires, qui lui vaudront des commandes spécifiques – dont celle de l’armée suédoise. Fort de ce premier succès, il imagine avec Polykem un second modèle de maison mobile en plastique : la Ventura House en 1974.

Si ces projets explorent la réduction de l’espace domestique à un « minimum habitable » centré sur l’individu, ils participent également d’une réflexion élargie sur les formes urbaines, interrogeant l’articulation entre cellule d’habitation et organisme urbain, selon les logiques de croissance modulaire, d’agrégation et d’évolution continue. Portés par les courants de l’architecture radicale et du métabolisme japonais, ces réflexions prospectives nourriront les propositions d’Arthur Quarmby, de Kisho Kurokawa ou de Daniel Grataloup.

La décennie 1970 marque pourtant un essoufflement de ces expérimentations. Le choc pétrolier de 1973, les difficultés d’industrialisation et l’accueil mitigé de l’Internationale Kunststoffhausaustellung der Welt (IKA) de Lüdenscheid en 1971 contribuent à l’abandon progressif du modèle de l’habitat tout plastique.
Prenant pour point de départ ce moment circonscrit mais foisonnant d’expérimentations, cette journée d’étude vise à interroger la place de l’habitat léger et minimal en plastique dans l’histoire de l’architecture, tout en examinant le devenir de ces expérimentations, leur patrimonialisation en tant qu’objet marqueur d’une époque et d’une sphère culturelle aux héritages contemporains et leur influence sur les imaginaires et les prospectives architecturales actuelles.

Axes de la journée d’étude :

1. Place de l’habitat léger et minimal dans l’histoire de l’architecture. Ce premier axe propose de replacer ces expérimentations dans une histoire conceptuelle et technique de l’architecture, en analysant ces projets à la croisée de plusieurs notions clés : unité d’habitation, minimum habitable, mobilité, modularité, préfabrication, production en série et industrialisation.

2. Médiatisation et modes de réception. Les propositions peuvent traiter des supports de médiatisation qui ont contribué à diffuser ou populariser ces expérimentations : revues professionnelles, revues d'architecture, romans, notamment de science-fiction. Quelles images, quels discours ont assuré la réception médiatique, y compris auprès du grand public, de ces expérimentations ? Les documentaires télévisuels ou les reportages d'actualités peuvent ainsi former des corpus d'étude, parmi d'autres.

3. Politiques de conservation, de restauration et de valorisation. Les habitats en plastique ont connu des destinées variées. Longtemps délaissés, ils suscitent aujourd’hui un regain d’intérêt patrimonial. Leurs matériaux ainsi que leur statut hybride, à la frontière entre l’objet et l’architecture, entre unicum et architecture de série, soulève des enjeux spécifiques : méthodes de restauration des matériaux contemporains, degré d’intervention ou de restitution, conditions de présentation (in situ, en extérieur, en intérieur), dispositifs de protection et modalités de médiation et de valorisation.

4. Prospectives architecturales et imaginaires artistiques actuels. Si les expérimentations d’habitat léger en plastique n’ont que rarement trouvé les conditions de leur généralisation, elles ont en revanche durablement investi les imaginaires architecturaux et artistiques. Les contributions pourront traiter des relectures contemporaines de ces expérimentations, dans la littérature, les arts plastiques ou l’architecture.


Modalités de soumission et de sélection des propositions de communication :

La journée d’étude aura lieu le 21 et/ou le 22 avril 2027 à Montigny-le-Bretonneux (78180).
Les propositions de communication devront être constituées :
- d’un résumé du projet de communication n’excédant pas 1 page et de son titre ;
- d’un curriculum vitae ;
- d’une présentation biographique de 8 à 10 lignes.

Les communications devront être en français ou en anglais. La maitrise, même partielle, du français est souhaitable pour participer aux échanges et aux débats.
Les propositions sont à envoyer dans un seul dossier PDF rassemblant l’ensemble des pièces avant le 30 septembre 2026 par mail à l’adresse suivante : anna.magnien@sqy.fr
Les propositions sélectionnées seront intégrées à la programmation de la journée d’étude sous la forme de communications individuelles (20 minutes maximum) ou de tables-rondes.
À l’issue de la journée d’étude, une publication des actes en version papier ou numérique est envisagée. Les intervernan.tes seront invités à fournir leur intervention sous forme écrite selon un format précisé ultérieurement.

Prise en charge :
Les repas seront pris en charge par le Musée de la ville de Saint-Quentin-en-Yvelines. Les candidats ayant des difficultés à financer leur déplacement sont invités à le signaler aux organisateurs.
 
Informations complémentaires
Comité scientifique :

Eliza Culea-Hong, architecte, enseignant-chercheur, maître de conférences associée (HCA et TPCAU) - ENSA Versailles
Franck Delorme, adjoint au département des collections / centre d'archives - Cité de l'architecture et du patrimoine
Anna Magnien, conservatrice du patrimoine, directrice du Musée de la ville et du patrimoine de Saint-Quentin-en-Yvelines
Caroline Moine, professeur en histoire contemporaine, directrice du CHCSC - UVSQ / Université Paris-Saclay
Éric Monin, professeur à l’ENSAP Lille, chercheur au LACTH
Ivanne Rialland, professeur en littérature contemporaine, directrice adjointe du CHCSC - UVSQ / Université Paris-Saclay, coordinatrice de l'Objet Interdisciplinaire SCult - Université Paris-Saclay
Nathalie Simonnot, ingénieur de recherche, directrice du LEAV - ENSA Versailles

Comité d’organisation :

Catherine Delplanque
, chargée des partenariats Académiques et de la Recherche - ENSA Versailles
Ana-Marianela Rochas-Porraz, manager de projets de recherche SHS – UVSQ / Université Paris-Saclay
Lucie Sauvageot, responsable de l'action culturelle et des publics - Musée de la ville et du patrimoine de Saint-Quentin-en-Yvelines